Tamara, le travail avant le nom

Dans une famille où le tatouage n’est pas une mode récente mais un métier exercé depuis la fin des années 1980, le nom peut précéder la personne.
Des décennies d’aiguille, de clients, de voyages, de studio, de transmission.
Le nom ouvre des portes.
Le travail, lui, décide de ce qui reste.
Tamara travaille aujourd’hui au studio fondateur Graphicaderme à Avignon, là où tout a commencé à la fin des années 1980. Elle est également présente à Chaudes-Aigues, où nos histoires familiales et professionnelles se rejoignent. Elle pique depuis trois ans. Trois années qui, dans ce métier, ne sont pas un détail, mais une épreuve. Trois années de dessin, de peau, de précision, de concentration, de progression silencieuse.
Le parcours détaillé de Tamara, entre Chaudes-Aigues et Avignon, est présenté ici :
👉 https://www.stephane-chaudesaigues.fr/jour-apres-jour/tamara-chaudesaigues-tatoueuse-entre-chaudes-aigues-et-avignon/
Entrer dans un territoire déjà occupé
Entrer dans le tatouage quand on est la dernière à s’y engager dans une famille déjà installée — deux frères tatoueurs, un oncle, un cousin et une cousine dans le métier, une mère tatoueuse — ce n’est pas choisir la facilité.
C’est accepter la comparaison.
C’est accepter le regard.
C’est accepter que le nom ne suffise pas.
Je sais ce que représente la durée dans ce métier.
Je sais aussi qu’elle ne protège personne.
Seul le travail tient.
Tamara n’a pas plongé immédiatement. Elle a pris le temps. Elle a observé, dessiné, nourri son regard avant de s’engager professionnellement. Quand elle a choisi de tatouer, ce n’était ni par mimétisme ni par pression. C’était une décision.
Graphicaderme, un atelier et une continuité
Le studio fondateur, à Avignon, reste un point d’ancrage essentiel. C’est un lieu qui porte une histoire, un regard, une exigence. Il ne s’agit pas seulement d’un espace de travail, mais d’un atelier où la transmission s’inscrit dans la durée.
Pour celles et ceux qui souhaitent comprendre ce que représente cet atelier dans l’évolution du métier, un article revient sur la création et l’esprit de Graphicaderme :
👉 https://www.stephane-chaudesaigues.fr/jour-apres-jour/graphicaderme-notre-nouvel-atelier-tatouage/
Et pour découvrir plus précisément le studio d’Avignon, son équipe et son environnement, les informations sont disponibles ici :
👉 https://www.graphicaderme.com/salons-tatouage/avignon.html
Un univers en construction
Elle a des facilités naturelles pour le réalisme. La justesse des volumes, la précision des regards, la maîtrise des contrastes lui viennent avec évidence. Mais ce qui m’intéresse davantage, c’est l’univers qu’elle construit.
La musique, la peinture, les vêtements, la Kustom Kulture circulent dans son imaginaire. Aujourd’hui, son terrain d’exploration s’oriente vers l’Art nouveau. L’ombre d’Alphonse Mucha n’est jamais loin. Les lignes se courbent, les compositions cherchent l’équilibre, la douceur et l’harmonie trouvent leur place. La couleur ne décore pas : elle structure.
Ce n’est pas un style emprunté. C’est un langage qui se précise.
Un prénom, une résonance
Son prénom n’a pas été choisi au hasard. Bien avant sa naissance, une œuvre nous avait marqués : Les Amants, toile de Tamara de Lempicka. Le prénom s’est imposé naturellement. Ce n’était pas une promesse, simplement une résonance.
Voir aujourd’hui Tamara évoluer dans un univers artistique exigeant donne à ce choix une profondeur inattendue.
Elle est jeune.
Je lui souhaite un avenir riche.
Le tatouage a cela d’extraordinaire qu’il dépasse l’aiguille. Il convoque le dessin, la peinture, l’histoire de l’art, la photographie, la mode, les outils numériques. Il engage une relation forte avec l’autre. Il ouvre à des voyages, à des rencontres, parfois à un véritable épanouissement.
C’est un métier exigeant.
Mais profondément vivant.
Il y a peut-être une chose que je n’avais pas encore dite en tant que père.
Le tatouage est un métier de présence. On y met des années. Un jour, cette présence s’arrêtera. La main finit toujours par se retirer.
Mais j’ai la chance de voir se prolonger ce que j’ai commencé à la fin des années 1980. Non pas à travers une reproduction, mais à travers une continuité. Les années de travail ne disparaissent pas. Elles se transforment. Elles circulent. Elles vivent ailleurs.
Dans les choix de mes enfants.
Dans leurs gestes.
Dans leurs décisions.
Et notamment sous le regard exigeant de Tamara.
Ce n’est pas une succession.
C’est une transmission.
Le nom précède parfois.
Le travail décide toujours.
Tamara travaille.
Et cela suffit.
Crédit photo
Le portrait de Tamara qui illustre cet article a été réalisé par Florence Bout, artiste installée à Chaudes-Aigues, dont le regard sensible a su capter une présence calme et déterminée.
Signature
Graphicaderme – Studio fondateur de tatouage
Avignon & Chaudes-Aigues
www.graphicaderme.com









