Cabrette Auvergne : avant le bal musette, il y avait la cabrette

La cabrette en Auvergne appartient à l’histoire musicale du Massif central. Bien avant que l’accordéon ne devienne l’instrument emblématique du bal musette, cette petite cornemuse accompagnait déjà les fêtes de village, les foires et les grands rassemblements populaires. Le jeudi 30 juillet, les Terrasses Musicales 2026 permettront de redécouvrir cet héritage chez Gourmet & Glouton, à Chaudes-Aigues.
Car le bal musette n’est pas né uniquement à Paris.
Il plonge une grande partie de ses racines dans les montagnes du Massif central, là où résonnait déjà un instrument aujourd’hui moins connu : la cabrette.
Le jeudi 30 juillet, les Terrasses Musicales feront revivre cet esprit chez Gourmet & Glouton, à Chaudes-Aigues. C’est l’occasion de revenir sur cette histoire qui relie les villages d’Auvergne aux quartiers populaires de Paris.

La cabrette en Auvergne, bien avant le bal musette
Bien avant que l’accordéon ne devienne l’emblème des bals populaires, les fêtes du Massif central vibraient déjà au son de la cabrette.
Cette petite cornemuse auvergnate, fabriquée traditionnellement en peau de chèvre, accompagnait les foires, les fêtes patronales, les mariages et les grands rassemblements de village. Son timbre puissant suffisait à entraîner les danseurs et à faire vivre une soirée entière.
À cette époque, la musique appartenait pleinement au quotidien.
Elle ne nécessitait ni grande scène, ni sonorisation. Quelques musiciens, une rue, une cour ou une grange suffisaient pour rassembler les habitants.
La cabrette faisait partie de cette vie simple, profondément ancrée dans les montagnes d’Auvergne.
Comment la cabrette d’Auvergne est arrivée à Paris
Au XIXᵉ siècle, des milliers d’Auvergnats quittent leur région pour rejoindre Paris.
Ils deviennent charbonniers, marchands de vin, cafetiers ou limonadiers. On les appellera bientôt les Bougnats.
En quittant leur pays, ils n’emportent pas seulement leurs outils de travail.
Ils emportent aussi leur langue, leurs traditions… et leur musique.
Dans les cafés qu’ils ouvrent dans les quartiers populaires, les cabrettaïres continuent d’animer les soirées. Ces établissements deviennent rapidement des lieux où les Auvergnats retrouvent un peu de leur terre natale autour d’un verre, d’une danse ou d’un air de musique.
La cabrette accompagne ainsi les premiers bals organisés dans ces cafés tenus par les Bougnats.
La cabrette d’Auvergne rencontre l’accordéon
À la fin du XIXᵉ siècle, un nouvel instrument fait progressivement son apparition.
L’accordéon.
Plus puissant, plus polyvalent, capable d’accompagner de nombreuses danses, il séduit rapidement les musiciens.
Plutôt que de remplacer la cabrette, il commence par jouer avec elle.
Pendant plusieurs décennies, les deux instruments cohabitent.
Leur rencontre donnera progressivement naissance à une nouvelle identité musicale : le bal musette.
Ce que beaucoup considèrent aujourd’hui comme une tradition parisienne est donc aussi l’héritage d’une histoire profondément auvergnate.
Une musique qui raconte les hommes
J’aime beaucoup cette histoire.
Parce qu’au fond, elle parle moins de musique que de transmission.
Ces femmes et ces hommes partis travailler loin de leurs montagnes n’ont jamais totalement quitté leur pays.
Ils ont continué à faire vivre leurs traditions.
Leurs cafés sont devenus des lieux où l’on retrouvait un accent, une cuisine, des habitudes… mais aussi une musique.
Le bal musette raconte cette fidélité aux racines.
Il raconte la capacité d’un peuple à conserver son identité tout en s’adaptant à un nouvel environnement.
Je trouve cela profondément inspirant.
Quand la musique redonne vie à une rue
Aujourd’hui, les villages ne vivent plus exactement au même rythme.
Pourtant, certaines soirées parviennent encore à recréer cette atmosphère.
C’est précisément ce que j’aime dans les Terrasses Musicales.
Pendant quelques heures, la rue Notre-Dame d’Août change de visage.
Les terrasses se remplissent progressivement.
Les conversations se prolongent.
Les musiciens accordent leurs instruments.
Puis viennent les premières notes.
Les passants ralentissent.
Les habitants s’arrêtent quelques instants.
Les visiteurs découvrent une autre facette de Chaudes-Aigues.
La musique transforme simplement une rue en lieu de rencontre.
Et je trouve que le bal musette possède cette capacité unique à rapprocher naturellement les générations.
Une tradition toujours vivante
On présente parfois le bal musette comme une musique du passé.
Je ne le crois pas.
Une tradition ne reste vivante que lorsqu’elle continue à être partagée.
Chaque fois qu’un accordéon s’ouvre, que quelques musiciens prennent place et que des personnes se retrouvent simplement pour écouter, discuter ou danser, cette histoire continue de s’écrire.
Le patrimoine n’est pas seulement ce que l’on conserve dans les livres.
C’est aussi ce que l’on fait vivre.
Une soirée à découvrir chez Gourmet & Glouton
Si cette histoire vous a donné envie d’en savoir davantage, Cécile et moi avons consacré un article complet à cette soirée sur le site de Gourmet & Glouton.
Vous y retrouverez le programme du bal musette du jeudi 30 juillet, les informations pratiques ainsi que tous les renseignements pour préparer votre soirée.
👉 Découvrez notre article consacré au bal musette à Chaudes-Aigues chez Gourmet & Glouton.
Vous pourrez également préparer votre visite grâce à ces différents contenus :
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Le jeudi 30 juillet, ce ne sera pas seulement une soirée musicale.
Ce sera une belle occasion de se rappeler que certaines traditions traversent les siècles parce qu’elles continuent, tout simplement, à réunir les femmes et les hommes autour de l’essentiel : le plaisir d’être ensemble.
