Oui, Graphicaderme, ça te secoue l’épiderme. Merci Tin-Tin.

Texte d’archive – publié le 14 novembre 2014
Ce billet est un texte d’archive, rédigé et publié en 2014, bien avant les faits d’actualité récents concernant certaines figures médiatiques du tatouage français. Il s’inscrit dans un vécu professionnel précis et témoigne d’un moment particulier de l’histoire du tatouage en France, à travers l’expérience d’un studio, d’un collectif et d’un regard de terrain.
Le texte est conservé ici dans son intégralité, sans modification, pour sa valeur historique et documentaire.
Un témoignage situé dans son époque
Le texte qui suit doit être lu comme ce qu’il est : un témoignage personnel, ancré dans une période donnée du tatouage français, marquée par des tensions, des débats de représentation et des prises de parole parfois conflictuelles. Il ne prétend ni à l’exhaustivité ni à une neutralité institutionnelle. Il raconte un vécu, une réaction, une expérience professionnelle.
Une archive conservée sans réécriture
Aucune ligne du texte original n’a été modifiée. Ni le ton, ni la structure, ni les mots n’ont été retravaillés a posteriori. Ce choix est volontaire : il permet de conserver l’authenticité du propos et de mesurer, avec le recul, ce qu’il disait déjà d’un climat, d’un rapport de force et d’une manière de parler au nom d’un métier.
Lire ce texte aujourd’hui
Relu aujourd’hui, ce témoignage peut entrer en résonance avec des éléments d’actualité. Cette résonance ne transforme pas le texte : elle éclaire simplement le contexte dans lequel il a été écrit. C’est précisément pour cette raison qu’il est conservé comme archive, et non réinterprété à la lumière d’événements ultérieurs.
Texte original – publié le 14 novembre 2014
Graphicaderme, ça vous secoue l’épiderme
Oui, ça te le secoue, l’épiderme. GRAPHICADERME : 13 lettres, comme un certain nom de famille, le mien.
Graphicaderme, c’est une histoire de famille, oui, mais aussi la volonté d’unir nos compétences sous une seule et même bannière. Le souhait de nous développer au sein de ce que nous appelons aujourd’hui un collectif.
Pourtant, mon premier atelier ouvert à Avignon en 1987 s’appelait Art Tattoo.
Alors pourquoi Graphicaderme ?
Graphic pour graphique, bien sûr, et derme pour le support : jusque-là, tout le monde avait compris.
Comme souvent, les choses prennent du sens face aux difficultés rencontrées ou aux épreuves de la vie.
Et la naissance de cette enseigne trouva son terreau avec la rencontre d’un autre tatoueur installé à Toulouse, qui communiquait sous le pseudo presque amusant de Tin-Tin.
Tatoueur déjà qualifié d’artiste, il commençait à faire parler de lui, dans ce petit monde encore très marginal qu’étaient le tatouage et son milieu.
Une rencontre décisive qui, du haut de mes vingt piges, me laissa perplexe face à tant d’orgueil, mais aussi de bêtise.
Je ne comprenais pas…
Son travail semblait tellement exceptionnel, lui fallait-il en douter pour avoir autant besoin de s’en convaincre lui-même en s’affirmant le meilleur tatoueur du monde ?
Que dire de plus ?
Inutile d’espérer tisser des liens d’amitié avec le « camarade » Tin-Tin, sa pathologie semblait bien trop compliquée pour moi, à cette époque.
Ce qui devait arriver arriva. Qui s’y frotte s’y pique.
Comme disait Marcel, tatoueur installé à Paris : « Même en jouant avec lui au babyfoot, il faut qu’il essaie d’être le meilleur. C’est fatigant. »
Le fil de l’histoire nous amènera au clash en 1989, accompagné et armé d’un revolver lors d’une visite de courtoisie à Avignon, où il m’interdira de continuer d’exercer mon activité de tatoueur.
Interdiction également de fréquenter les conventions françaises et européennes.
C’est rigolo, 25 ans plus tard, c’est la même histoire…
Sauf qu’il se retrouve président d’un pseudo syndicat, élu président à vie, usant de son pouvoir pour renforcer son image médiatique et écraser certains confrères ou consœurs.
J’ai dû faire face à une rare violence et à une haine tenace de la part de ce fameux Tin-Tin, que l’on découvrira sous l’identité de Cyril Auville.
Cette expérience m’a appris une chose : il était bon en tatouage à cette période, mais déjà incapable d’apprécier son talent sans écraser les autres.
C’est dans cette difficulté, sous la pression et les menaces, que le nom de ma nouvelle enseigne est né, comme une anagramme nécessaire pour ne jamais reproduire ces dérives.
J’ai construit ma carrière avec cette expérience en mémoire, et j’ai continué mon chemin, malgré les portes fermées, en allant en ouvrir d’autres ailleurs.
Oui, Graphicaderme, ça te secoue l’épiderme. Merci Tin-Tin.
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