Chaudes-Aigues Village Développement et le Cantal Ink : investir et servir

Il y a un an, l’émission Vues d’Auvergne explorait Chaudes-Aigues et les traits de son identité : ses sources d’eau, son restaurant étoilé… et son festival de tatouage. À l’heure où certains accusent l’association Chaudes-Aigues Village Développement, que j’ai l’honneur de présider, de mener des actions préjudiciables à la commune, le reportage est l’occasion de rappeler que tout à l’inverse, le Cantal Ink dynamise notre territoire.

Regarder le reportage de Vues d'Auvergne : "Chaudes-Aigues, ville où jaillit l’eau à 80°"

Saison après saison, Marc-Alexis Roquejoffre emmène les spectateurs à la rencontre de l’Auvergne, région culturelle et historique du Massif central désormais intégrée à la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes. Avec le viaduc de Garabit, la forêt de Tronçais, Salers ou encore Châtel-Guyon, le journaliste mêle vues aériennes et interviews pour mettre à l’honneur les sites-clés du Puy-de-Dôme et du Cantal. Au printemps 2018, c’est à Chaudes-Aigues qu’il faisait une halte remarquée.

Vues d'Auvergne - S4-E1 - Chaudes-Aigues, ville où jaillit l'eau à 80°

Chaudes-Aigues : le prologue d’une série consacrée aux villes d’eau

Dès les premières foulées, en compagnie du maire René Molines, Marc-Alexis Roquejoffre annonce que sa halte caldaguèse sera la première d’une série consacrée à l’eau ; suivront en effet des sujets consacrés à Blavozy, Vichy et La Bourboule. Si le journaliste a choisi Chaudes-Aigues pour inaugurer sa thématique aquatique, c’est parce que le site est connu depuis l’Antiquité pour ses sources naturelles d’eau chaude. Son reportage nous rappelle que la trentaine de sources d’eaux comprises entre 45°C et 82°C permet de chauffer une partie des bâtiments – un système de géothermie hérité du XIVe siècle.

Eaux miraculeuses et château de Couffour

Outre la mise en lumière de ces eaux miraculeuses, le reportage fait la part belle au château de Couffour tenu par Serge Vieira. Dans son restaurant, on y entend le chef renommé s’interroger : "Pourquoi, aujourd’hui, il n’y a pas plus de gens qui viennent chez nous ?" L’homme d’affaires poursuit sa réflexion : "Parce que sincèrement, on vit bien", témoigne-t-il. "Mon chiffre d’affaires est en progression depuis sept ans". Et de préciser : "Je parle ici des investisseurs, ceux qui connaissent des vies difficiles dans les grandes villes et qui se demandent s’ils ne seraient pas mieux à la campagne. Je leur garantis : ils y seraient mieux, nettement". Un an plus tard, l’appel lancé par le cuisinier s’accompagne d’une note d’amertume : comment un investisseur privé pourrait désirer investir à Chaudes-Aigues, si c’est pour enlever de son prévisionnel près de 50 000 personnes du fait de la fermeture du thermoludisme ?

Les retombées du Festival du Tatouage de Chaudes-Aigues

Au milieu du reportage, Marc-Alexis Roquejoffre passe la porte du salon de tatouage Graphicaderme du village, où j’officie (6mn13). Pourquoi ? Parce que le journaliste souhaite montrer que Chaudes-Aigues, c’est aussi le Cantal Ink. "S’il est riche de son atout en eau chaude et naturelle, le village de Chaudes-Aigues est aussi celui des traditions, voire des paradoxes", annonce-t-il. "Chaque année, au cours du premier week-end de juillet, Chaudes-Aigues accueille le Festival du Tatouage. Des centaines de passionnés ou de curieux se pressent ainsi dans ce petit village du Cantal".

Le pari Cantal Ink

Devant la caméra de Vues d’Auvergne, j’ai l’occasion de revenir sur la réaction initiale de la population caldaguèse au festival. Je rappelle qu’au début, il y a eu une appréhension puisque l’inconnu, l’étranger fait peur – encore plus dans les zones rurales. Mais l’événement nous a permis de communiquer sur deux axes majeurs. Le premier : qu’est-ce que le tatouage ? Qu’est-ce que c’est que ces fous, ces gens tatoués, ces repris de justice, ces personnalités très "borderline" ? Le deuxième explore l’autre côté du prisme : "où est-ce qu’il nous emmène" ? Dans le milieu de la France, dans cette "France profonde" où l’on va prendre des coups de fusil parce qu’on est différent, parce qu’on a les cheveux rouges, qu’on arbore un piercing ou qu’on est tatoué ?

Après cinq années de Cantal Ink, force est de constater que la recette a pris. La première édition était une rencontre ; la deuxième, des retrouvailles, tente-je de rappeler dans le reportage. Été après été, les gens étaient contents de retrouver le village, de le retrouver comme il était. Et cette joie s’est notamment manifestée par le nombre de festivaliers rendus chaque été dans le village.

Car à l’heure où le village traverse une crise, crise que je me suis efforcé de dénoncer et que je m’efforce de combattre aux côtés de l’association Chaudes-Aigues Village Développement (CAVD), c’est aussi de cela qu’il s’agit : le Cantal Ink, a son échelle, a participé au rayonnement du village. Depuis la fin de l’année 2018, mon épouse Cécile et moi-même avons été accusés, comme chaque membre de notre collectif, de léser le village, précisément parce que nous en avons dénoncé les maux – un paradoxe répugnant.

Face aux voix nous reprochant de porter préjudice à l’unité du village, de desservir la commune plus que de la servir, un rappel des faits s’impose. En cinq années, le Festival du Tatouage de Chaudes-Aigues a ramené plus de 60 000 personnes sur le village. Est-ce lui nuire ? En cinq éditions, le Cantal Ink a exercé un impact médiatique fort et contribué à faire parler de la commune au-delà de l’événement. Est-ce lui nuire ?

Aujourd’hui, c’est bien la fermeture de la partie thermoludique de Caleden qui porte préjudice à la commune et aux acteurs socio-professionnels qui y travaillent – pas nos actions pour rouvrir ce pan. Bien qu’impopulaires pour certains, les mesures de CAVD veillent à mettre sur la table toutes les solutions possibles pour une réouverture prompte, propice à une meilleure santé économique pour tous. Parce que les problèmes traversés par le village sont réels, nous avons choisi de les affronter, et non de les fuir.

Le Cantal Ink 2017 vu par Léo Pons

© Photographies : Dams