Chaudes-Aigues Village Développement : le compte-rendu de la réunion du 7 mai 2019

Le 7 mai 2019 s’est tenue une nouvelle réunion du collectif citoyen Chaudes-Aigues Village Développement. L’occasion de s’interroger sur l’implication réelle du département.

Étaient présents une douzaine de personnes, dont des curistes, des copropriétaires de la résidence du Par venus spécifiquement de Paris ainsi que des habitants, et les membres de notre bureau. Sont excusés MM. Jean-Yves Bony, député du Cantal, et Pierre Jarlier, président de la communauté de communes, qui nous avaient avertis qu’ils ne pourraient être présents.

Aucun élu de la commune n’est en revanche venu, et M. Achalme, le PDG de Caleden et vice-président du Conseil départemental du Cantal, a quant à lui dit qu’il ne viendrait pas, refusant comme à son habitude le débat dans un courrier indigne d’un élu.

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Le désistement des élus empêche encore une fois que nous puissions obtenir des réponses. Le fait que bon nombre d’entre eux n’aient pas pris la peine de s’excuser de leur "impossibilité" à venir montre une condescendance, voire un manque de la plus élémentaire politesse face à nos demandes et courriers. Mais entre les lignes, cela démontre surtout au mieux un manque d’intérêt, et au pire un manque de compétence sur ce dossier si important et épineux.

S’ils ont les réponses à nos questions et si surtout, comme le dit M. Achalme, nous nous trompons dans ce que nous avons compris ou ce que nous pouvons supposer dans leur manque de réactivité, eh bien qu’ils nous le disent ! Et s’ils ne veulent pas nous parler directement, il existe aujourd’hui une multitude de moyens de communication qu’ils peuvent utiliser pour ce faire.

Nous avons appris par les curistes présents que les médecins prescripteurs qui leur font les dossiers de cure les orientent systématiquement sur les centres thermaux dépendant de la Chaine Thermale du Soleil, et qu’ils doivent réclamer de venir à Chaudes-Aigues. Peut-être qu’une communication auprès des médecins nationaux serait une possibilité pour augmenter le nombre de curistes.

La réunion a commencé avec quelques nouvelles importantes. En effet, la cellule de renseignement de la gendarmerie d’Aurillac s’intéresse fortement aux éléments que nous avons mis en lumière concernant l’inertie des politiques à la tête de Caleden. Nous avons également été entendus sur les travaux de réfection de la toiture et sur le plan État-région, annoncé par MM. Faure, Achalme et Dolon lors de la réunion du 7 février 2019, d’un montant de 5,7 millions d’euros de subventions publiques. C’est là un projet dont, pour le moment, nous n’avons ni plan, ni permis de construire, et donc encore moins de financement, à part 1 millions d’euros d’ores-et-déjà fléchés par le Conseil régional.

Cette cellule de renseignement est venue à plusieurs reprises à Chaudes-Aigues. Leur dernière visite s’est terminée par la visite de la résidence du Par lors de l’audition de certains copropriétaires. Cette visite leur a permis d’avoir une vue à la fois générale et très précise des lieux condamnés par le souci de toiture du pan thermoludique.

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Nous avons ensuite eu rendez-vous en sous-préfecture de Saint-Flour afin de leur expliquer nos questionnements sur le dossier Caleden et l’urgence de la situation. La mise en route de l’assurance dommages-ouvrage (assurance qui aurait pu permettre de réparer la toiture quasiment instantanément et qui aurait ensuite cherché les responsables des malfaçons pour remboursement) aurait pu éviter cette si longue fermeture de l’espace thermoludique.

De plus, Bruno Faure, le président du Conseil départemental, a missionné son directeur général des services en charge du dossier Caleden, afin de nous donner un interlocuteur qui puisse trouver des solutions. Le DGS qui a reçu un des membres de notre bureau au début du mois de mai 2019 a été très attentif à ce que nous avancions et a pris soin de faire remonter un certain nombre d’informations cruciales que nous mettons en avant depuis plusieurs mois maintenant.

M. Jean-Claude Etienne nous a également informés que le Conseil départemental envisageait 3 pans de travaux – mais on ne sait pas pour autant quand, ni comment ils comptent payer ces travaux. Les 3 pans seraient :

  • la réfection de la toiture de l’espace thermoludique
  • les travaux du Plan Thermal (rénovation de l’hôtel du Ban, agrandissement de l’hôtel du Ban, création du spa prémium)
  • la création d’une entrée privative pour les copropriétaires de la résidence du Par (qui sont pour le moment obligés de passer par l’entrée principale de Caleden et donc sollicités pour partager les frais inhérents au veilleur de nuit de l’hôtel du Ban pour accéder à leurs logements le soir)

Nous sommes particulièrement satisfaits de ce dernier point, car cela fait de nombreuses années maintenant que les copropriétaires de la résidence du Par (sans qui le projet de la SAEM Caleden n’aurait pas pu voir le jour en 2009) réclament cette entrée privative, ainsi que la tenue d’une assemblée générale de copropriété (ASL Assemblée Syndicale Libre) ; et cela, sans succès jusque-là.

En effet, suite à une gestion malheureuse du "dossier copropriété (ASL)" entre la résidence du Par et Caleden par le Conseil départemental et la direction du centre thermal, l’avocat de la copropriété du Par a été obligé d’entamer une procédure judiciaire afin que le tribunal nomme un mandataire judiciaire pour organiser en lieu et place du syndic, la première assemblée générale de copropriété de l’association syndicale libre de l’histoire de la SAEM Caleden, mais pour également clarifier les comptes, charges et factures.

Un grand nombre de copropriétaires de la résidence du Par étant membres de notre association, ils nous ont naturellement demandé de les représenter lors de cette AG ou beaucoup d’entre eux ne pouvaient se rendre. Nous étions donc présents le 15 avril 2019 aux côtés des copropriétaires ayant pu venir et nous avons pu, grâce aux pouvoirs donnés par les propriétaires absents, faire entendre leurs voix et leurs revendications niées depuis de nombreuses années par la direction de Caleden. En effet, encore le 7 février 2019 lors de notre rencontre, M. Dolon nous disait que la copropriété entre le Par et Caleden n’existait pas. Il s’avère qu’elle existe de fait. Mais cela fait partie des nombreuses affirmations malheureuses qui démontrent là une méconnaissance et un manque de maîtrise du dossier.

C’est donc lors de cette réunion que le Conseil départemental et Caleden auraient enfin admis qu’une entrée privative pour les propriétaires de la résidence du Par serait la solution pour échapper enfin à l’ERP (Établissement Recevant du Public), avec une obligation de respecter certaines normes qui ne devraient pas leur incomber normalement, donc un surplus de charges important.

Les copropriétaires ont malheureusement constaté avec effroi que le droit d’entrée dans le bâtiment leur a en plus été nié totalement quand Caleden a fermé son entrée principale avec la fermeture totale du bâtiment en novembre, où là, les copropriétaires nous ont dit n’avoir aucun moyen d’accéder à leurs logements, donc aucun moyen de les louer non plus… et ce jusqu’à la réouverture en mars. En revanche, lors de cette AG, aucune information sur les travaux du Plan Thermal, pour lesquels (rappelons-le) les copropriétaires doivent donner leur accord. Et donc, aucun plan n’a été proposé non plus.

Ce flou artistique est savamment entretenu par MM. Achalme et Dolon concernant un permis de construire pour le Plan Thermal, qui aurait été déposé et qui n’est en fait qu’une déclaration préalable de travaux, concernant les travaux de réfection de la toiture du thermoludisme, sans aucun détail ni date de début des travaux et qui, quoiqu’il en soit, est soumise à autorisations des administrations concernées.

Rappelons qu’en mai 2018, lors du conseil d’administration de Caleden, le projet avait été repoussé car il dépassait le budget de plusieurs millions d’euros. Plans qui, pourtant, avaient été montrés lors d’une réunion publique d’informations peu de temps auparavant...

Qu’en est-il des nouveaux plans depuis un an maintenant ? Comment peuvent-ils annoncer un plan de financement de 5,7 millions d’euros alors même qu’ils n’ont à priori toujours pas de plan d’architecte et toujours pas déposé de permis de construire ? En effet, pour obtenir une subvention, il faut un dossier – et là, le dossier, ce sont les plans architecturaux entre autres. Nous demandons donc où sont ces plans et quel est le plan de financement ?

Il serait également très bénéfique pour l’image du village et de Caleden que l’entrée principale soit "habillée" différemment, de façon à ce que l’on n’ait pas une impression de désolation et de bâtiment complètement fermé. De plus, la communication internet aurait tout intérêt à être beaucoup plus claire, car pas une journée sans que des gens ne viennent pour profiter du thermoludisme et ne se retrouvent devant la porte close.

Nous continuons à affirmer qu’une réouverture rapide est possible, nous continuons à demander à ce qu’un expert et un bureau technique puissent venir aux frais de l’association Chaudes-Aigues Village Développement afin de pouvoir faire le rapport qui permettrait une réouverture en toute sécurité.

Nous avons la certitude que cette inertie dans les faits est une décision stratégique et n’a rien à voir avec la sécurité ou une décision de justice. Ils donnent l’impression d’attendre tout simplement de mutualiser les travaux et profiter des indemnisations d’assurance de la toiture du thermoludisme pour mettre en route le Plan Thermal, ce qui viendrait en complément du million fléché par le Conseil régional, et profiter du Plan Thermal pour refaire la toiture dans un grand projet global. Pourquoi pas ? Mais à quel prix pour le territoire !

À l’heure où l’on pourrait s’inquiéter de savoir si l’on peut perdre cette subvention annoncée à grands cris dans les journaux le 7 février 2019 – 5,7 millions d’euros –, nous nous posons la question de savoir si la SAEM Caleden a d’ores-et-déjà cette subvention ou, au moins, le plan de financement. Et là, rien n’est moins sûr…

Nous attendons le rapport de la réunion d’expertise qui doit se tenir le 22 mai 2019 et où sont convoqués les entreprises mises en cause par Caleden ainsi que leurs assurances. Des assurances qui ne manqueront pas d’être intéressées par le fait que réparer la toiture aurait coûté moins cher que de payer des indemnités en perte d’exploitation à Caleden. Leur choix d’aménagement ne prend bien sûr pas en compte la perte d’activité des professionnels du territoire. En effet, Caleden semble prêt à sacrifier les socio-professionnels et les investisseurs privés qui ont déjà beaucoup investi et qui, eux, ne pourront pas bénéficier de la perte d’exploitation, et bien malheureusement le temps joue contre nous.

Nota bene : Depuis la tenue de notre réunion, nous avons été mis au courant d’un fait qu’il nous semble important de partager. Suite à l’assemblée générale de l’Association Syndicale Libre, la première en 10 ans, un procès-verbal a été dressé par le syndic judiciaire nommé par le TGI d’Aurillac. Les copropriétaires étant en désaccord avec ce procès-verbal dressé par le syndic judiciaire, où le sens de leur vote n’a apparemment pas été respecté, ils lui ont signifié leur mécontentement, auquel il a répondu en disant qu’il arrêtait la mission qui lui avait été confiée par le TGI d’Aurillac. Pour le syndic judiciaire, Mme Venosino déclarait en effet :

"Par ailleurs, je vous informe que je ne pourrai donner suite à ma proposition d’exercer en qualité de syndic dans ce dossier association syndicale. Je renonce à ce mandat. En effet, le contexte relationnel, l’antériorité de la gestion ou de l’absence de gestion, la complexité du dossier, les procédures en cours ou souhaitées ne me permettent pas d’exercer dans des conditions sereines ma mission".

Cette information nous a été transmise par l’un des copropriétaires, président de séance. Ce facteur retarde encore un accord possible entre Caleden et les copropriétaires de la résidence du Par concernant les travaux du Plan Thermal, puisqu’il faut tout recommencer depuis le début. Nous nous demandons pourquoi les décisions n’ont pas été retranscrites telles qu’elles ont été votées lors de cette AG…

Le livret du récit de la réunion du 7 mai 2019 en PDF

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