Confinement : une aubaine pour les ventes immobilières dans le Cantal ?

« Et si le confinement boostait les ventes immobilières dans le Cantal ? » C’est la question posée par France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Le média rapporte que les consultations d’annonces dans le département ont nettement augmenté ces dernières semaines.

De la ville à la campagne

La tendance du retour à la vie en campagne est-elle en train de s’accélérer ? La lassitude du milieu urbain, l’écœurement de son rythme, ses paysages, ses codes ressenti par ses habitants sont-ils de plus en plus palpables ? Pour ma famille et moi-même, la question s’est posée il y a bien des années. Né dans la grande couronne, puis passé par l’une des 50 villes les plus peuplées de France (Avignon), j’ai fait le choix, en concertation avec mes proches, de poser mes valises dans un petit village de moins de 1 000 âmes au sud de l’Auvergne.

Les raisons ? Je les ai déjà exposées par le passé : ce coin de l’Aubrac abrite le berceau des Chaudesaigues, famille dont l’histoire convoque tour à tour Mallet, Fridefont, la Truyère et le Bès. Regagner les lieux où ont poussé mes racines généalogiques revêtait pour moi un très fort caractère d’importance. Et puis Chaudes-Aigues a fait le reste. Des ressources millénaires, un environnement d’une beauté rare et encore préservé, et des habitants accueillants m’ont poussé à y élire domicile et à y bâtir projets personnels comme professionnels.

L’isolement : une faiblesse devenue atout

Pour autant, tous les néo-Cantaliens ne se sont pas trouvé d’origines généalogiques dans le département – loin s’en faut. C’est ce que s’attache à montrer Laetitia Théodore pour France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. « Malgré un environnement très privilégié, il n’y avait pas vraiment de demande sur cette annonce », rappelle un agent immobilier… interrogé avec le confinement. Car depuis, la donne semble avoir changé. Une illustration ? L’explosion des demandes pour une bâtisse datant du début du 19ème siècle et entièrement rénovée qui, jusqu’aujourd’hui, peinait à trouver preneur. Trop isolée, sans doute, au cœur d’un département dont la mise en valeur n’est pas toujours aussi développée que d’autres régions de France.

« La demande pour des maisons de campagne a doublé », avance France 3. Avec un maître-mot pour les acheteurs : environnement. Cécile et Philippe Richez, respectivement quadragénaire et quinquagénaire, sont en recherche active d’un bien dans le Cantal. Leur verdict sur le territoire francilien est sans appel. « La région parisienne, c’est devenu insupportable ! », jugent-ils. Et d’en inventorier les défauts : « Les nuisances en tout genre, l’agressivité latente, tout le temps. Le béton, partout. Ici, le seul loisir de beaucoup de personnes, c’est d’aller dans les centres commerciaux. Nous, on veut de la nature ! ». Le couple avait d’abord jeté son dévolu sur le Jura, le Puy-de-Dôme et l’Aveyron. La raison qui les a poussés à cibler le Cantal ? « On y est plus facilement isolé ». D’autres personnes sondées par France 3 étoffent les motifs de départ des grandes villes : canicule, pollution… et désormais, confinement.

Des prix attractifs pour un département qui entend gagner en résidents

« La crise liée au Covid-19 a fait réfléchir, mûrir les projets et donner du temps pour prospecter », formalise l’article. « En cherchant un bien dans le Cantal, les gens originaires de région parisienne veulent retrouver du calme, de la tranquillité et de l’espace ; ceux du Sud, des étés plus frais et une vie sans climatisation ». Une conjoncture sanitaire couplée à une indéniable attractivité des prix. Brigitte témoigne : sa maison cantalienne avec beau jardin et large potager, elle l’a payée 48 000 euros… soit 800 euros le mètre carré.

Au Conseil départemental du Cantal, on se réjouit de ce boom. Dans notre département, relativement épargné par le coronavirus comparativement à d’autres zones terriblement sinistrées,  « le président se félicite de ce coup d’accélérateur plutôt inattendu ». L’enjeu ? Repasser à moyen terme la barre des 150 000 Cantaliens. « Au dernier comptage INSEE, [le département] comptait 145 143 habitants », conclut l’enquête.