Chaudes-Aigues, été 2019 : l’état des lieux

En juin 2019, le vice-président délégué au tourisme et thermalisme de la région Auvergne Rhône-Alpes Nicolas Daragon répondait à l’appel à l’aide lancé par Chaudes-Aigues Village Développement. Suite à sa lettre, notre association lui a adressé un nouveau courrier. L’objet : dresser un état des lieux de la situation à Chaudes-Aigues. Thermoludisme, Plan Thermal : où en est le village à l’été 2019 ?

Le résumé en 1 minute

  • Depuis septembre 2018, les réunions d’expertise se multiplient à Caleden, sans pour autant qu’une sortie de crise ne semble se dessiner. En 2009, une première expertise avait été conduite, pour un rapport rendu plus de quatre années plus tard seulement.
  • Aucuns travaux n’ont été entrepris par la direction du centre thermal pour éviter la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement, alors que les défauts étaient déjà connus.
  • En 2009, l’ancienne présidence de Caleden avait enclenché une première fois son assurance dommages-ouvrage : cette assurance prend en charge les travaux de réparation et cherche ensuite les responsabilités parmi les intervenants au chantier. La seconde fois que le centre a enclenché la procédure, c’était le 19 avril 2019… soit huit longs mois après la fermeture du thermoludisme. Nous ne comprenons pas ce qui justifie de tels délais.
  • Le problème soulevé par la fermeture du thermoludisme à Caleden s’inscrit dans un sujet plus vaste : celui du Plan Thermal. La direction du Conseil départemental et du centre thermal annonçaient il y a plusieurs mois pour 5,7 millions d’euros de travaux à Caleden. Aujourd’hui, il n’existe toujours aucun plan ni permis de construire, et la date de début des travaux est sans cesse repoussée.
  • Chaudes-Aigues est l’unique station thermale du département du Cantal. Pourtant, la situation est inquiétante à l’été 2019 : c’est la haute saison, et le village est quasiment désert. Hôteliers, restaurateurs et commerçants en font les frais.
  • À l’approche du premier anniversaire de la fermeture du thermoludisme, les espoirs de l’association Chaudes-Aigues Village Développement se tournent vers le Conseil régional : nous souhaitons que l’Auvergne-Rhône-Alpes pèse de tout son poids pour nous aider à sortir au plus vite de cette situation.

Des réunions d’expertise qui se multiplient – à quelles fins ?

Quatre : en septembre 2019, c’est le nombre de réunions d’expertise qui auront émaillé l’histoire de Caleden au cours de cette année. À l’heure où j’écris ces lignes, la troisième vient d’avoir lieu ; la quatrième, elle, est attendue pour la fin de l’été. Cette bataille d’experts est très longue, pour ne pas dire sans fin.

Lors de la seconde réunion d’expertise, commandée après la fermeture du pan thermoludique, l’expert mandaté par Caleden avait proposé un budget travaux pour la réouverture du thermoludisme d’un montant de 750 000 euros. Ce projet a été contesté par les autres experts ou avocats, qui ont bien vu qu’il ne s’agissait pas seulement d’une réparation ou réfection de la toiture, mais bien de la mise en route d’un projet plus grand : le futur Plan Thermal.

Cet expert, M. Vigier, nommé par la direction de Caleden, fait partie du bureau d’études qui travaillerait sur le projet de réhabilitation de l’hôtel du Ban et de modification du centre thermal. Son mandat, délivré en septembre 2018, visait à mettre le site en sécurité… mais malheureusement pas à trouver une solution pour rouvrir au plus tôt le thermoludisme.

Ces réunions d’experts ont montré que Caleden n’est pas en mesure ni de chiffrer ses pertes financières, ni d’évaluer l’implication de la fermeture du thermoludisme sur le bassin d’emploi local. Le centre est encore moins en mesure de justifier la vente des lauzes (des pierres plates et fines utilisée comme tuiles) censées être remises sur la toiture après réfection, mais ne faisant plus partie du futur projet du Plan Thermal.

Le constat est simple et dramatique. Depuis plusieurs années maintenant, aucuns travaux n’ont été entrepris par la direction du centre thermal pour éviter la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. La direction de Caleden nous fait payer le prix de son inertie, puisque si elle avait pris en considération le rapport de l’expert en 2013 et les avertissements d’au moins un des artisans depuis 2009, nous ne serions pas dans cette situation dramatique.

L’enclenchement des assurances dommages-ouvrage

Sans l’accord d’un juge, les travaux ne peuvent dorénavant plus être conduits. Mais pourquoi, au lieu d’une procédure à rallonge, Caleden n’a-t-il pas enclenché son assurance dommages-ouvrage ? Cette assurance prend en charge les travaux de réparation et permet ensuite à l’assuré de se faire rembourser lors d’une procédure judiciaire censée trouver les responsabilités des intervenants au chantier. Dans le cas de Caleden, les travaux de réfection auraient ainsi pu être réalisés, et les responsables des dommages recherchés dans un second temps. Le temps judiciaire n’aurait pas eu le même impact économique.

En 2009, l’ancienne présidence de Caleden avait enclenché une première fois son assurance dommages-ouvrage. Ce qu’il est advenu de cette procédure, nous l’ignorons. La seconde fois que le centre a enclenché la procédure, c’était le 19 avril 2019… soit huit longs mois après la fermeture du thermoludisme. Volonté délibérée ou incompétence : le mystère, pour nous, reste entier.

Les mystérieux millions du Plan Thermal

Comme nous l’avons évoqué à plusieurs reprises, le problème soulevé par la fermeture du thermoludisme à Caleden s’inscrit dans un sujet plus vaste : celui du Plan Thermal. C’est la région Auvergne-Rhône-Alpes qui a lancé ce plan à plusieurs millions d’euros ; la majeure partie de la somme vise à soutenir les investissements des stations thermales, tandis que le montant restant est réservé au soutien à l’innovation, la formation et la promotion du thermalisme.

Ce que nous ne comprenons pas, c’est qu’en février 2019, MM. Achalme (vice-président du Conseil départemental du Cantal et président de Caleden) et Faure (président du Conseil départemental) nous aient fait rêver en annonçant des travaux au centre thermal d’un montant de 5,7 millions d’euros. La réalité, c’est qu’il n’existe toujours aucun plan ni permis de construire, et que la date de début des travaux est sans cesse repoussée. Le plan de financement intégral de ce projet à plusieurs millions d’euros est toujours aux abonnés absents.

Dans sa lettre à destination de notre association, M. Daragon écrit que « dans le cadre du Plan Thermal, la Région soutient le projet de développement de Caleden, auquel [elle] a accordé une aide de 1M€ ». Notre question, c’est celle-ci : pourquoi ne pas utiliser une partie de ce million d’euros pour réparer la toiture du thermoludisme et rouvrir au plus vite cette partie ? Cela va faire un an en septembre que le thermoludisme est fermé !

Le Plan Thermal porte un fantastique projet, mais qu’il faudrait adapter aux besoins de notre village. Ce plan induit par exemple la réhabilitation de l’hôtel du Ban ; mais l’augmentation de capacité d’hébergement est-elle judicieuse, lorsque les hôtels autour peinent déjà à faire le plein et ce, même en haute saison ?

Pour nous, les subventions qui doivent servir à agrandir l’hôtel du Ban trouveraient bien meilleur usage à l’amélioration, voire l’agrandissement de la partie thermoludique de Caleden, poumon économique du village. Création d’un véritable espace pour les enfants, réfection du sol : les idées ne manquent pas.

Chaudes-Aigues : la seule station thermale du Cantal… et pourtant

Chaudes-Aigues est l’unique station thermale du département du Cantal. L’aubaine revêt pourtant des allures de cadeau empoisonné, tant ses habitants ont l’impression d’être délaissés.

Caleden a vu le jour en 2009 grâce à un investissement de 10 millions d’euros, largement supporté par le Conseil départemental. Une décennie plus tard, comment est-il possible que cet outil fantastique et indispensable soit dans un tel état ? La toiture n’est pas le seul point noir : il y a un manque chronique d’entretien, fort dommageable en termes d’image et de sécurité.

En outre, la communication déplorable de Caleden et du Conseil départemental n’a pas aidé à fournir des informations fiables. Nous avons été obligés de mettre en route une pétition pour obtenir des informations de nos représentants politiques – un signe guère encourageant

Un espoir : l’aide du Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes au village

M. Faure a demandé à son directeur général des services M. Etienne de garder un œil sur le dossier. Mais en dépit des rendez-vous que nous avons obtenus avec lui et de l’indéniable implication de l’homme, rien ne semble avancer. Et pendant ce temps, c’est le tissu économique de notre cité qui se désagrège dramatiquement.

Nous sommes aujourd’hui au milieu de l’été 2019. C’est la haute saison et pourtant, le village est quasiment désert. Les hôteliers, restaurateurs et commerçants peinent à travailler pour payer leurs charges. Nous ne comprenons pas la façon dont la direction de Caleden et, avec elle, celle du Conseil département du Cantal, gèrent ce dossier. Nous avons cependant une certitude : cette crise aurait pu au mieux être évitée si les travaux nécessaires avaient été faits en amont, au pire être grandement raccourcie en faisant les choses de façon professionnelle.

À l’approche du triste anniversaire, celui des un an de fermeture du thermoludisme dans notre village, nos espoirs vont vers le Conseil régional. L’objet de nos multiples courriers expédiés aux différents acteurs du sujet par notre association, c’est celui-ci : faire que l’Auvergne-Rhône-Alpes pèse de tout son poids pour nous aider à sortir au plus vite de cette situation.