Stéphane Chaudesaigues

Tatouage, gastronomie & terroir en Cantal – Le blog vivant de Stéphane Chaudesaigues

2014 signera-t-elle la fin des encres de tatouage couleur en France ?

mardi 17 décembre 2013
2014 signera-t-elle la fin des encres de tatouage couleur en France ?

En 2014, un projet d’interdiction de plus de 90 % des encres tatouage couleur en France a suscité une mobilisation nationale. Soutenue par des professionnels et des élus, dont Pierre Jarlier, cette mobilisation a mis en lumière les enjeux du cadre réglementaire et du statut tatoueur en France.

L’information n’aura échappé à personne : relayée par Le Monde, Le Figaro, TF1, Europe 1, Libération et d’autres médias nationaux, une mesure réglementaire prévoyait d’interdire plus de 90 % des encres de tatouage couleur dès le 1er janvier 2014.

Petit rappel des faits pour comprendre les enjeux.


L’interdiction des encres tatouage couleur au nom du principe de précaution

Certains scientifiques ont dénoncé un manque de clarté concernant la composition de certaines encres couleur. La réponse des pouvoirs publics a été radicale : interdire la majorité d’entre elles, au nom du très consensuel « principe de précaution ».

Mais précaution face à quoi exactement ?
À des cas isolés de réactions cutanées ?
À des infections liées à une mauvaise cicatrisation ou à une exposition prématurée au soleil ?

Le tatouage en couleur n’est pas, par nature, plus dangereux que de nombreux produits encore autorisés sur le marché. La question n’est pas émotionnelle. Elle est réglementaire et proportionnelle.


Un risque réel pour la profession

Si l’interdiction était entrée en vigueur telle quelle, les conséquences auraient été lourdes :

  • Les tatoués auraient été limités au noir et blanc.
  • Les professionnels auraient été contraints à l’exil ou exposés à la clandestinité.

L’enjeu dépassait largement la simple question esthétique. Il touchait au cadre professionnel du tatouage en France.


La mobilisation s’organise

Face à cette situation, une mobilisation citoyenne et professionnelle a vu le jour.

Jim Appay, jeune passionné de tatouage, a lancé une pétition rapidement soutenue par de nombreux professionnels, dont le sénateur du Cantal Pierre Jarlier. Plus de 130 000 signataires se sont mobilisés pour défendre l’usage des encres couleur.

La question des encres tatouage a également été portée à l’Assemblée nationale. Une lettre ouverte a été adressée à Marisol Touraine, alors Ministre des Affaires sociales et de la Santé.


Un débat plus large : le statut tatoueur en France

L’épisode des encres couleur en 2014 a mis en lumière une réalité plus profonde : le métier de tatoueur reste fragile dès lors que son cadre réglementaire n’est pas clairement structuré.

Ce débat ne concerne pas uniquement la couleur. Il interroge la reconnaissance institutionnelle de la profession, la responsabilité sanitaire et la place du tatouage dans le paysage légal français.

👉 Cette réflexion est développée plus largement dans Statut tatoueur France.


Pour aller plus loin

Pour suivre l’évolution du dossier et approfondir la question des encres tatouage en France, plusieurs articles spécialisés ont été publiés sur Tattoos.fr