Stéphane Chaudesaigues

Tatouage, gastronomie & terroir en Cantal – Le blog vivant de Stéphane Chaudesaigues

Goran sur le statut tatoueur : formation, artisanat et réalité du métier

samedi 14 juin 2014
Goran sur le statut tatoueur : formation, artisanat et réalité du métier

Dans cette interview, Goran revient sur son parcours, sa formation et sa vision du statut tatoueur en France. Son témoignage est clair, lucide, sans posture.

Il parle d’apprentissage, d’écoles privées, de transmission directe et de la tension permanente entre “artisan” et “artiste”.

Cette prise de parole s’inscrit dans le débat plus large sur le statut tatoueur en France, que j’ai déjà abordé en détail dans un article de fond consacré à l’évolution et aux enjeux du métier.

Une formation autodidacte, par nécessité

Goran s’est formé en autodidacte à 15 ans. À l’époque, les ressources étaient rares. Quelques formations existaient, mais l’accès était difficile. Il a commencé seul, puis au contact d’un shop.

Aujourd’hui, la situation a changé. Un jeune qui veut devenir tatoueur a deux options principales :

– Trouver un professionnel prêt à le former directement en atelier
– S’inscrire dans une école privée

Et c’est là que la question se pose.

Le risque des écoles privées

Selon Goran, le développement massif d’écoles spécialisées pourrait déséquilibrer le métier. Il évoque le parallèle avec le graphisme il y a vingt ans : multiplication des formations, puis saturation du marché.

Le tatouage est aujourd’hui relativement équilibré entre l’offre et la demande. Mais si des formations privées produisent trop de diplômés, le risque est réel : créer une génération de jeunes tatoueurs sans débouchés suffisants.

Le problème n’est pas la formation en soi. C’est la mécanique économique qu’elle peut engendrer.

La transmission directe par un professionnel

S’il devait conseiller un jeune, Goran serait clair : se former auprès d’un professionnel reste la voie la plus solide.

Même s’il a commencé seul, il reconnaît que l’autodidaxie n’est pas la stratégie idéale. On perd du temps. On prend des risques inutiles. La progression peut être plus rapide, plus structurée, plus sérieuse au contact d’un professionnel expérimenté.

La transmission reste humaine. Comme dans beaucoup de métiers.

Artisan ou artiste ?

La question revient souvent dans le débat sur le statut tatoueur.

Goran se définit comme un artisan mais il insiste sur un point fondamental : il exerce un métier avec un savoir-faire technique précis.

Avoir des idées ne suffit pas. Il faut savoir les poser. Maîtriser les réglages, la technique, la peau.

Il rappelle aussi une réalité : l’artiste qui expose dans une galerie prend un risque personnel, financier, créatif. Le tatoueur, lui, travaille souvent sur commande, dans un cadre commercial.

Selon lui, beaucoup s’orientent vers le terme “artiste” par recherche de légitimité. Mais la réalité du terrain renvoie davantage à l’artisanat.

La question de la reconnaissance entre artisanat et posture artistique traverse de nombreuses prises de parole sur le métier. Elle fait écho à une réflexion plus approfondie que j’ai développée autour de la distinction entre artisan et artiste dans le tatouage.

Vers un statut plus clair ?

Goran exprime le souhait d’un cadre plus structuré. Un statut clair. La possibilité d’avoir des apprentis de manière officielle, encadrée.

Le tatouage est l’un des plus vieux métiers du monde. Pourtant, il ne bénéficie toujours pas d’un statut professionnel réellement structuré en France.

La question reste ouverte.


Mise en perspective

Cette prise de parole s’inscrit dans une réflexion plus large sur le statut tatoueur et la professionnalisation du métier.

Cette prise de parole s’inscrit dans le débat plus large sur le statut tatoueur en France.

Retrouvez l’ensemble des analyses et témoignages autour du statut professionnel du tatouage dans le dossier dédié qui rassemble les différentes prises de position et interviews publiées sur le blog.


Résumé

Dans cette interview, Goran défend une formation par transmission directe plutôt que par multiplication d’écoles privées. Il insiste sur la dimension artisanale du tatouage et appelle à un statut professionnel plus structuré, permettant notamment un apprentissage encadré.

Le tatouage est-il un métier artisanal ?

Selon Goran, le tatouage repose avant tout sur un savoir-faire technique précis, ce qui rapproche le métier de l’artisanat.

Faut-il passer par une école privée pour devenir tatoueur ?

Goran estime que la formation directe auprès d’un professionnel reste la voie la plus solide, même si l’offre d’écoles privées s’est développée.

Le statut tatoueur est-il clairement défini en France ?

Le métier ne bénéficie pas encore d’un cadre structuré équivalent à d’autres professions artisanales, ce qui alimente le débat.