Stéphane Chaudesaigues

Tatouage, gastronomie & terroir en Cantal – Le blog vivant de Stéphane Chaudesaigues

Statut du tatoueur en France : coup de gueule nécessaire

jeudi 08 mai 2014
Statut du tatoueur en France : coup de gueule nécessaire

J’entends déjà gronder les huiles du SNAT :
« Il a encore fallu qu’il l’ouvre sur le statut du tatoueur. »

Oui.
Il a encore fallu.

Parce que la question du statut du tatoueur en France n’est pas un détail corporatiste.
C’est le socle même du métier.

Et tant qu’il n’existera pas de cadre clair, structuré, reconnu, la profession restera fragile.

C’est précisément pour cela que j’ai créé l’association de tatouage Tatouage & Partage, dont l’objectif est simple : défendre le métier, protéger les professionnels et structurer l’avenir du tatouage en France.


Une vidéo pour poser le débat

J’ai classé cette intervention dans la catégorie Coups de gueule.

Non parce que je hurle.
Mais parce que je refuse le silence.

Dans cette vidéo, je reviens sur :

  • la non-reconnaissance du statut du tatoueur
  • la formation des apprentis
  • l’avenir du métier
  • les tensions entre organisations

Cette réflexion s’inscrit dans une analyse plus large développée dans Revenir aux fondamentaux du tatouage français.

Parce que la question du statut du tatoueur en France n’est pas un détail corporatiste.
C’est le socle même du métier.

Cette prise de parole s’inscrit dans une réflexion plus large développée dans l’article pilier consacré au statut du tatoueur en France, qui rassemble l’ensemble des analyses, tensions et prises de position autour de ce débat structurant.


Interdiction des encres couleurs en 2013 : un précédent révélateur

L’interdiction des encres couleurs en 2013 a montré à quel point la profession était vulnérable.

Des décisions prises sans concertation réelle.
Des professionnels laissés dans l’incertitude.
Un métier traité comme accessoire.

Cette période a donné lieu à des échanges directs avec les autorités sanitaires, notamment lors d’une rencontre au ministère de la Santé organisée par Tatouage & Partage le 13 décembre 2013.

Ce précédent aurait dû accélérer la structuration du tatouage en France.

Il n’en a rien été.


SNAT, syndicat, CAP : pourquoi le débat dérange

Le SNAT (Syndicat National des Artistes Tatoueurs) occupe une place centrale dans le paysage professionnel.

Mais la question demeure :
peut-on défendre un métier sans lui donner un cadre officiel ?

Pourquoi la discussion autour d’un CAP tatouage ou d’une reconnaissance institutionnelle provoque-t-elle autant de crispations ?

J’ai déjà abordé cette tension dans Pour Tin-Tin, tatoueur artiste, où la question du statut et de la reconnaissance du métier est posée frontalement.

Former durablement des apprentis tatoueurs ne relève pas d’un fantasme bureaucratique.
C’est une nécessité.


Former, transmettre, structurer

Le tatouage ne peut plus reposer uniquement sur la tradition orale ou sur des formations express de 21 heures.

Transmettre un métier exige :

  • du temps
  • un cadre
  • une responsabilité

Sans statut clair du tatoueur, la transmission devient floue.
Et ce flou fragilise tout le monde : professionnels comme clients.

Pour comprendre comment ces débats ont évolué dans les médias et dans la perception publique du métier, voir également Tatouage français : archives, médiatisation, conflits et représentation.


Ce coup de gueule n’est pas une guerre

Je ne force personne à adopter mon point de vue.

Je souhaite simplement que cette vidéo participe au débat sur le statut du tatoueur en France, de manière constructive.

Parce qu’un métier qui ne se structure pas finit toujours par être structuré par d’autres.

Et rarement dans son intérêt.