Le deuxième Festival du Tatouage de Chaudes-Aigues sera en couleur

L’Association Tatouage et Partage*, à la demande du Sénateur-Maire Pierre Jarlier**, a été reçue le 12 décembre 2013 au  Ministère de la Santé par Jérôme Salomon, Conseiller chargé de la sécurité sanitaire auprès de la Ministre de la Santé, Marisol Touraine, et Gabriel Attal, Conseiller parlementaire.

En tant que président de Tatouage et Partage, association de tatoueurs professionnels, j’ai pu présenter, au nom de mes collègues, nos doléances et propositions concernant les encres de tatouage.

Mais aussi, plus largement, évoquer les conditions de l’exercice de leur  métier.

 

Des demandes justifiées.

Bien consciente de l’intérêt de la mise en place d’une législation protégeant les personnes désireuses de se faire tatouer, l’Association Tatouage et Partage a cependant émis des remarques sur cette législation et le contrôle de son application par les services de l’Etat.

Je reconnais qu’il est indispensable que les fabricants d’encre fassent preuve de la plus grande transparence en ce qui concerne la composition de leurs encres et que leur étiquetage soit conforme au règlement CE 1272/2008.

Les arrêtés du  6 mars 2013 et du 6 février 2001 posent question tant dans les produits reconnus comme dangereux que dans leur application et leur cohérence avec la réglementation communautaire à laquelle ils font référence.

L’arrêté du  6 mars 2013 désigne les substances ne pouvant entrer dans la composition des produits de tatouage en énumérant 7 listes correspondant à des motifs différents. Nous avons demandé, lors de cet entretien, la confirmation qu’il s’agissait bien de listes négatives et qu’en aucun cas l’arrêté ne faisait référence à une liste positive exhaustive comme semblaient le penser certains services de l’Etat.

Bien évidemment, Tatouage et Partage reconnaît l’exclusion des substances classées en catégorie 1 dans la classification CMR. Nous avons réclamé, par contre, que pour certaines substances qui sont déjà utilisées depuis longtemps dans les encres de tatouages, conformément à l’alinéa 5 du paragraphe 4 de l’annexe de la ResAP(2008)1, l’Etat français reconnaisse la possibilité d’une étude prouvant l’innocuité de certains pigments interdits dans le tableau 2 de la présente annexe ou dans les colonnes 2 à 4 de l’annexe de la directive 76/768/CEE, si cette innocuité est établie sur la base de données complémentaires obtenues dans les conditions d’utilisation de ces pigments dans les tatouages. Aux USA, la FDA*** a opté pour une position similaire.

 

L’Association Tatouage et Partage souhaiterait être associée aux travaux menés sur le tatouage dans les différents comités, commissions, groupes, en tant qu’expert capable d’apporter sa connaissance de la pratique du tatouage et des pratiques du terrain.

Nous suggérons que, plutôt qu’une interdiction totale à partir d’une liste, l’attention des candidats au tatouage soit attirée sur les risques allergènes de certains produits utilisés ; voire, pour les sujets présentant un terrain sensible, la présentation d’un certificat médical établi par un allergologue ou un dermatologue. De nombreux  produits alimentaires sont connus pour produire des réactions allergiques graves (gluten, arachide, …). Ils ne sont pas interdits pour autant et sont même à portée de main des enfants, notamment dans les cantines scolaires.

Tatouage et Partage souhaite la mise en place d’un véritable statut d’artisan tatoueur, comprenant l’obligation d’une formation par apprentissage pour les candidats tatoueurs, sanctionnée par un diplôme d’Etat reconnu,  type CAP. Les conditions actuelles d’installation pour les tatoueurs, exigeant une attestation de présence à une formation de 3 jours sur l’hygiène et une simple déclaration en Préfecture semblent être vraiment dérisoires en termes de sécurité sanitaire. Il y a une vraie disproportion entre le régime de précaution ultra sécuritaire sur la composition des encres et les risques sanitaires infectieux et de contaminations dus à de mauvaises pratiques par des personnes mal formées voulant pratiquer le tatouage.

 

Un Cabinet particulièrement à l’écoute.

Pierre Jarlier et moi-même avons été reçus par Jérôme Salomon et Gabriel Attal, en présence, notamment, de Frédéric Garron, Chef du Bureau des dispositifs médicaux et autres produits de santé de la Direction Générale de la Santé.

Monsieur Salomon a commencé par faire un tour d’horizon de la législation sur le tatouage et la mise en place de la transcription de la législation européenne dans la législation française.

Gabriel Attal avait déjà évoqué le sujet du tatouage avec Madame la Ministre de la Santé et il a tenu à préciser que le Ministère de la Santé n’avait rien contre la pratique du tatouage et les tatoueurs.

Le Sénateur Jarlier a mentionné ses inquiétudes sur l’application de cette règlementation telle qu’elle est comprise, à ce jour, dans le milieu du tatouage, ainsi que ses craintes du passage à la clandestinité des tatoueurs couleur.

Stéphane Chaudesaigues, en tant que Président de l’association Tatouage et Partage, a pu questionner les membres du Cabinet sur l’application de l’arrêté du 6 mars 2013.

Jérôme Salomon a confirmé qu’il n’existait pas et qu’il n’existerait pas de liste positive des pigments de couleur. L’arrêté prévoit uniquement un certain nombre d’interdictions, comme prévu dans la législation communautaire. De ce fait, tout pigment qui n’est pas interdit dans les listes figurant dans l’arrêté est donc autorisé. Sur les autres points abordés, il a demandé à Tatouage et Partage que lui soient transmises des questions écrites, précises, afin qu’il soit possible d’y apporter des réponses.

Mais, d’ores et déjà, il annonce que viendra au Parlement une Loi qui transcrira l’ensemble de la législation communautaire sur le tatouage.

Donc, le Cabinet a pris l’engagement de répondre par écrit à toutes les questions abordées pendant l’heure et demi de rendez-vous, dans les jours qui viennent.

Par ailleurs, le Cabinet s’est également étonné de ne pas avoir eu de proposition officielle de la part du SNAT, suite au délai d’application qui lui avait été accordé.

Il y a désormais bon espoir, après les informations apportées par Tatouage et Partage, que la législation française soit en conformité avec la législation des autres pays européens, notamment l’Allemagne, qui permet d’utiliser un certain nombre d’encres couleur correspondant aux besoins des tatoueurs.

Le Cabinet et la DGS, au regard de la qualité professionnelle et technique des échanges avec  Tatouage et Partage, m’ont proposé de rester en contact afin de poursuivre ce type d’échanges fructueux sur l’évolution de la règlementation. Et, ce, afin d’éviter, à l’avenir, tout quiproquo préjudiciable à tous.

* Tatouage & Partage est une association dont l’objectif est la pérennité du métier de tatoueur, sa reconnaissance, et son ancrage dans l’avenir. Des ateliers dirigés par les meilleurs tatoueurs sont organisés permettre d’assister à des master class menées par les plus grands maîtres de la discipline, le tout dans une ambiance chaleureuse, décontractée, en petit comité et profondément enrichissante. Jeff Gogue, Joe Capobianco ou encore Shane O’Neill ; autant de grands noms du tatouage international qu’il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de croiser un jour lorsque l’on exerce son art en France et qui se sont prêtés au jeu du partage d’expérience.

Le statut du tatoueur, fer de lance de Tatouage & Partage :

Tatouage & Partage se bat également pour une reconnaissance toujours plus accrue du métier de tatoueur, et contre les aberrations encore inhérentes à la profession.

A l’heure actuelle, le statut-même de tatoueur, en France, n’est guère plus qu’un grand flou. Le Président l’admet, le cœur lourd : « Nous ne sommes ni des artistes, ni des artisans.

On se retrouve, pour certains d’entre nous, aussi bien en EURL, qu’en SARL ou encore en profession libérale ». Le but de Tatouage et Partage : en finir avec cet insupportable imbroglio.

De très lourds enjeux.

Tatouage et Partage lutte pour que les autorités permettent aux professionnels du tattoo de jouir du statut d’artisan.

Mobilisés, les membres de l’association veulent faire du statut de conjoint collaborateur l’une des prérogatives clés du secteur, pour mettre à l’abri du besoin les proches participant à l’activité de leur partenaire.

Assurance pour les professionnels, prise d’un apprenti : les enjeux sont nombreux.

Tatouage & Partage, contre les menaces pesant sur le tattoo.

L’association se veut également une force d’opposition et de proposition face aux menaces pesant sur le tatouage, comme celle, majeure, de l’interdiction de la grande majorité des encres de tatouage couleur.

Appuyé par un réseau dont la force va croissant, adossé par des compétences techniques et relationnelles reconnues, Tatouage & Partage s’efforce de frapper aux bonnes portes et d’user des bonnes armes pour défendre les tatoueurs de France et d’ailleurs.

Transmettre l’art du tattoo.

Tatouage & Partage vise à permettre une vraie transmission du métier de tatoueur, et à constituer un véritable pouvoir de défense des droits de ses travailleurs.

Représenter de la façon la plus honnête et efficace possible tout un corps de métier : voilà ce à quoi aspire Tatouage & Partage. Adhérer à l’association, c’est contribuer à faire reculer la précarité au sein du secteur d’activité qui unit la grande famille des tatoueurs et des tatoués.

**Sénateur-Maire de Saint-Flour (15)

***Food and Drug Administration

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