Stéphane Chaudesaigues

Tatouage, gastronomie & terroir en Cantal – Le blog vivant de Stéphane Chaudesaigues

Le trait d’union en moins, mais l’imaginaire en plus

lundi 10 février 2014
Le trait d’union en moins, mais l’imaginaire en plus

Pourquoi un festival de tatouage à Chaudes-Aigues n’a jamais été une folie

Le Festival International du Tatouage de Chaudes-Aigues n’est pas né d’une impulsion isolée, mais d’un retour aux origines. En reconnectant mon histoire familiale à celle du village, j’ai transformé un attachement personnel en projet territorial structurant. Le festival a offert à Chaudes-Aigues une visibilité nationale et internationale, démontrant qu’un territoire rural peut rayonner lorsqu’il assume pleinement son identité.


Travailler sur le Festival du Tatouage de Chaudes-Aigues a souvent été perçu comme une idée déraisonnable, une lubie, un coup de tête sorti de nulle part. Ceux qui le pensaient n’avaient pas entièrement tort : oui, j’ai agi avec le cœur. Oui, j’ai fait ça par affect. Mais c’était bien plus profond que ça.

Au centre de tout, il y avait mes ancêtres. Leur histoire. Nos racines. Ces racines que je suis allé chercher là où elles avaient commencé : à Chaudes-Aigues.

Le poids des origines

Depuis toujours, j’évoque l’exode rural et les Auvergnats montés à Paris. Cette génération arrachée à ses terres pour survivre. Ceux qui ont courbé l’échine, charbonné, tout quitté pour ne pas perdre la vie.

De mon côté, je savais que mon axe ne pointait que dans une direction : revenir. Revenir là où tout avait commencé pour nous. Cette idée, je l’ai développée plus largement dans Au cœur du village – Tenir un lieu.

Il aura fallu 240 ans pour que l’un des descendants de la lignée Chaudesaigues ramène la famille à la maison. Deux siècles et demi après le départ. Ce retour est raconté plus en détail dans Stéphane Chaudesaigues et son retour à Chaudes-Aigues.

Ramener au pays ce que les anciens ont dû chercher ailleurs

Alors, pourquoi ne pas inverser le courant ? Pourquoi ne pas rapporter à Chaudes-Aigues ce que nos aïeux étaient allés chercher à la capitale ?

Depuis leur époque, les outils ont changé.
Les métiers ont changé.
Le monde entier a changé.

Aujourd’hui, il existe des moyens que nos anciens ne pouvaient même pas imaginer : réseaux sociaux, communication moderne, puissance des images, médiatisation. Un univers que j’ai appris à comprendre et à utiliser. Cette réflexion sur l’ancrage et la continuité du geste, je l’ai approfondie dans Là où le geste fait racine.
C’est en mélangeant ces outils, ma passion du tatouage et une bonne dose de folie que le premier Festival International du Tatouage de Chaudes-Aigues a pu voir le jour.

Une richesse ramenée au pays

Derrière l’événement, il y avait un objectif simple : créer de la richesse ici.
Pas seulement financière.
Une richesse culturelle, artisanale, humaine, médiatique.

Ramener du monde.
Ramener de l’énergie.
Ramener — aussi et surtout — ma famille.

L’arrivée des festivaliers, les retombées dans les médias, l’effervescence autour du village ont offert à Chaudes-Aigues une visibilité nationale et internationale. Une lisibilité qu’on n’aurait jamais pu acheter.

Cette dynamique ne concernait pas uniquement le festival. Elle a ouvert la voie à d’autres projets ancrés localement, notamment autour de la gastronomie. Pour celles et ceux qui cherchent où manger à Chaudes-Aigues, cette continuité territoriale ne doit rien au hasard .

Un territoire qui mérite qu’on se batte pour lui

Le Festival a prouvé une chose : quand Chaudes-Aigues existe, quand Chaudes-Aigues se montre, quand Chaudes-Aigues est fière de ce qu’elle est, les gens viennent.
Et ils reviennent.

Il serait temps de le comprendre une bonne fois pour toutes.

L’étincelle d’un môme de sept ans

« L’histoire de cet incroyable festival du tatouage commence au début des années 70, quand un môme de sept ans joue sur le tapis du salon pendant qu’un reportage passe à la télé. Le genre de programme qui n’arrête jamais un gamin… sauf que le village filmé s’appelait Chaudes-Aigues. Et que le mioche portait le même nom. »

C’est de cette image que tout est parti.
D’un instant.
D’un petit garçon qui a levé les yeux.

Ce que certains ont appelé une folie n’était que l’accomplissement logique d’une histoire vieille de plusieurs siècles.

Et ça, personne ne me l’enlèvera.


Mise à jour – Mars 2026

Plusieurs années après les premières éditions du Festival du Tatouage, la question du développement territorial demeure centrale à Chaudes-Aigues.

Le festival a montré qu’un village de moins de 1 000 habitants pouvait attirer un public national et international lorsqu’il assume son identité et mobilise ses forces vives.

Aujourd’hui encore, cette dynamique irrigue le territoire. À Chaudes-Aigues — parfois recherché sous les formes Chaudes Aigues ou Chaudesaigues — visibilité, artisanat, gastronomie et thermalisme participent d’un même écosystème.